Nokia N97 ou iPhone 3G S: lequel choisir ? (part 1)
Écrit par Greg Taieb le Mercredi 17 juin 2009 à 20 h 09 minFin 2007,quelques mois après la sortie de l’iPhone (1ère génération) nous avions tenté de comparer objectivement les forces et faiblesses du mobile d’Apple avec la star de l’époque à savoir le Nokia N95. Ma conclusion était la suivante:
Si c’est Apple qui est venu chasser sur les terres de Nokia en 2007, on assistera à une solution diamétralement opposée en 2008. En effet avec le lancement de son Music Store, Nokia veut maîtriser – à la façon d’Apple – toute la chaine musicale de l’achat du morceau à son utilisation en mobilité et sur desktop. Apple est bien installé et semble indétronable avec son duo iTunes/iPhone-iPod. Pourtant l’offre de Nokia est tout aussi cohérente et pourrait trouver ses fans.
En voyant cet affrontement inédit entre Apple et Nokia on peut arriver à un constat bien plus global qui concerne tous les constructeurs de téléphones. La course aux fonctionalités n’est plus la seule qui paye et face à des appareils toujours plus complet et complexes, il y a une réelle attente du grand public concernant la simplicité d’utilisation. Le succès du iPhone illustre un message clair à destination des constructeurs : “la majorité des utilisateurs privilégie la simplicité aux fonctions avancées (wifi, GPS,…).” Dans ce succès insolent les Nokia, Samsung et Sony Ericsson voient un nouveau challenge : faire simple et technologiquement complet.
D’ailleurs Nokia nous promet en 2008 un appareil tactile doté d’une interface proche du iPhone, LG va accentuer ses efforts après le succès du Prada et Samsung a annoncé son smartphone multimedia F700. L’année qui vient semble encore plus passionante que celle qui se termine…
Nous voici 18 mois plus tard après une année 2008 mouvementée et pleines de nouveautés. Avec les sorties simultanées de l’iPhone 3G S et du Nokia N97, je trouvais intéressant de refaire un point sur la situation car beaucoup de choses ont changées depuis 2007.
2 iPhones plus tard…
Que s’est-il passé entre le iPhone original sortit en 2007 et la version estampillée « S » (pour « speed ») de 2009 ?
Niveau format: Apple n’a pas changé une formule gagnante: grand écran capacitif de 3.5 pouces, même design. Les différences entre le iPhones 1 et 3G sont légères, celles entre le 3G et 3G S sont minuscules.
Niveau fonctionnalités:
Les nouveautés en terme de spécifications techniques introduites par Apple en 2 ans tiennent sur un ticket de métro: pour résumer on gagne la connectivité HSDPA, quelques dizaines de Gigas 1 mégapixel (avec autofocus), la vidéo en qualité VGA et le GPS (avec bousole). Vraiment pas de quoi fanfaronner car on se situe bien au niveau des standards d’il y a 2 ans (excepté pour le stockage)! En même temps comme nous le remarquions dans notre article original on achète pas un iPhone pour ses spécifications.
Niveau OS: C’est sur ce terrain que les nouveautés sont les plus nombreuses. Hormis l’apparition de « nouveautés » révolutionnaires (copier-coller, MMS, mémo vocal, reconnaissance vocal), le vrai génie d’Apple a été de mettre en place un Appstore de qualité démultipliant les fonctions du mobile.
2008: avantage Apple
Après le succès du N97 en 2007, 2008 a été une année beaucoup plus terne pour Nokia dans le domaine des smartphones haut de gamme (malgrès le succès planétaire du E71). La gamme Nseries étaient en bernes entre les N79 et N85 en manque d’innovation et le N96 dont le flop raisonne encore.
2008 était clairement plus une année de transition avec le lancement de la Fondation (et le travail sur le nouvel OS Open Source) et le passage au tactile en fin d’anné. 2008 c’est aussi une année riche en lancement de services pour Nokia.
Seulement c’est définitivement Apple qui râfle la mise avec son Appstore et la déferlante d’applications. C’est le mobile hype qui monopolise l’attention du public et des développeurs.
Le tactile selon Nokia
Si en 2007 le match oposait un iPhone tactile à un N95 non tactile, la donne a changé depuis. L’ iPhone a véritablement démocratisé l’usage du tactile auprès du grand public et plus aucun constructeur ne peut faire l’impasse dessus…surtout le numéro 1 mondial. On voit bien que l’interface S60 n’a pas été conçue pour un usage tactile et l’adaptation a été plutôt longue laissant aux autres constructeurs le temps de sortir plusieurs modèles avant le Nokia 5800 XpressMusic.
Le mobile sortit fin 2008 connaît un beau succès pour plusieurs raisons: d’une part le « portage » est assez réussit (pour une première), d’autre part, le mobile est proposé a un tarif assez agressif.
On est encore loin de l’interface sexy et des belles animations offertes par l’iPhone mais les avis sont plutôt positifs autour de cette nouvelle version de l’OS Symbian et les applications sont portées assez rapidement.
De plus Nokia peaufine son interface avec le temps puisque le N97 hérite en partie du défilement « kinétic » qui a fait le succès de l’iPhone. De manière générale, il est très peu probable que la version actuelle de Symbian soit un jour aussi sexy que l’iPhone. De gros efforts sont en effet focalisés sur l’interface du prochain OS, celui de la Fondation.
Le match des Application Stores
Un terrain sur lequel les 2 fabricants s’opposent et qui pèse désormais fortement sur le choix d’un mobile est celui des Application Store. Certes il n’y a pas que Nokia et Apple qui en ont mais on a d’un côté le fabricant ayant le plus grand parc de machines compatibles et de l’autre, celui qui a popularisé le genre et a fêter en moins d’un an son miliard d’applications distribuées. Match au sommet donc.
Apple a su mieux que personne attirer les développeurs sur l’Appstore et bien qu’étant plutôt strict et limite despotique dans la gestion des applications soumises, les developpeurs ont compris ce qu’ils pouvaient tirer de l’imense popularité des iPhones. A cela s’ajoutent des facteurs techniques non négligeables: il est relativement simple de développer une application iPhone et les appications sont compatibles avec toutes les variantes d’iPhones.
L’AppStore a su s’attirer la faveur des développeurs indépendants, ceux qui sont souvent les plus créatifs et proposent des applications gratuites ou très abordables.
On a souvent critiqué l’iPhone pour la futilité de certaines applications mais à côté de cela ça reste la plateforme de choix et incontournable pour toute nouvelle application mobile.
A côté de cela nous avons l’Ovi Store. Arrivé avec un an de retard sur le store de la pomme. Un parc de plusieurs dizaines de millions d’appareils potentiellement compatibles, et la force de frappe de Nokia. Le Store du Finlandais entend aussi rattraper son retard en proposant une approche innovante et 2.0: un Store qui s’adapte aux goûts et à la localisation de la personne. Vous êtes en Espagne ? C’est le Guide Lonely Planet local qui vous sera proposé. Vous avez télécharger Facebook ? On vous orientera vers d’autres applications de réseaux sociaux. Vous aimez une application ? Faites la partager à vos amis en direct. De bonnes idées à coup sûr mais c’est plus en amont que le bas blesse.
Symbian a toujours été considéré comme une plateforme relativement difficile d’accès pour les développeurs. Le process de signatures mis en place pour limiter le piratage a plutôt eu effet de limiter les applications car il était très lourd et contraignant pour les développeurs indépendants. Ajoutez à cela qu’il faut dans la plupart des cas payer pour soumettre et tester une application dans le store on éloigne encore plus les courageux développeurs. Certes le système de revenu est avantageux (70/30) mais la multitude des versions de logiciels (S60 v3, V5, S40…) rends la tâche difficile si on souhaite proposer une application compatible avec la majorité des modèles.
Cette diversité est aussi un inconvénient pour la qualité des applications proposées. Les mobiles Nokia utilisant tous un hardware différents avec des processeurs différents, de la ram différente et souvent faibles d’ailleurs, cela limite l’apparition d’applications gourmandes en 3D comme les jeux. C’est la raison pour laquelle on voit des jeux beaucoup plus nombreux et beaux sur iPhone que sur N-Gage.
En plus de cela – même si c’est temporaire – le Store français ne propose que les applications gratuites réduisant considérablement le nombre d’éléments disponibles au téléchargement.
En résumé même si Apple a une longueur d’avance, il faut absolument que Nokia règle un certain nombre de problèmes de bases sur son store au risque de se mettre définitivement à dos les développeurs indépendants (et les autres) au profit d’autres plateformes plus « ouvertes » comme Blackberry, WebOS…
Dans la suite de cet article (à paraître prochainement) découvrez le face à face.








