[MWC 10] Symbian: la strategie enfin claire
Écrit par Greg Taieb le Mercredi 17 février 2010 à 11 h 23 minDepuis de longs mois – en fait depuis la naissance de la Symbian Foundation en 2008 – il était difficile – même pour un site comme le notre suivant de plutôt près l’actualité – de comprendre exactement où allait Symbian. En fait la tragédie se joue en plusieurs actes…
Acte 1: la fin d’une époque
On avait en effet un OS vieillissant qu’on avait poussé à devenir tactile et qui devait faire face à une concurrence acharnée de plateformes arrivées après lui – et ayant donc eu plus de marge pour accompagner les besoins des utilisateurs.
A l’époque on voit cela comme une réponse directe à Android l’OS Google. On se dit aussi : pourquoi pas, une plateforme ouverte à tous et gratuite, qui pourrait être améliorée par tous. Cela peut être un moyen astucieux de tirer l’OS vers le haut pour lui refaire gagner son aura d’antan. La Foundation reprend du staff Nokia, S60 et un peu UIQ et présente une Roadmap. On est avec le Nokia 5800 à Symbian^1 et la vraie résolution arrivera avec Symbian^4 (2011) qui sera une réécriture complète du code axée autour du Framework Qt racheté quelques mois auparavant par Nokia.
Dans le même temps les questions des utilisateurs se multiplient: “serais-je capable d’upgrader mon appareil Symbian vers les prochaines versions ?”. Sans réponse…
Acte 2: Maemo le cousin Opensource
Puis vint Septembre 2009 avec l’annonce du Nokia N900 sous Maemo 5. La presse spécialisée est unanime et prend une claque. L’OS est beau, réactif, adapté à une utilisation tactile et le N900 est un superbe appareil pour l’accompagner. on se dit que Maemo 5 est tout ce que Symbian (tactile) devrait être.
Assez rapidement, certains commentateurs tirent la conclusion que Nokia abandonne Symbian pour Maemo. La marque s’empresse de démentir en garantissant son attachement à Symbian.
Assez étrangement le N900 sort dans une quasi discrétion. Aucune campagne globale, un approvisionnement au compte goûte…pourtant les 1ers tests sont plutôt encourageants.
Acte 3: Désillusions
En Septembre au SEE (Symbian Exchange Exposition) on assiste plutôt dépité à un salon morne et sans saveur. Aucune annonce d’appareil, une démo de l’OS sous forme de dessins animé…bref rien de bien concret. On nous dit que Symbian^2 sera délaissé par Nokia au profit d’un passage direct à Symbian^3.
Quelques semaines plus tard on assiste à une autre mauvaise surprise, le quasi abandon de Symbian par Samsung (l’OS est complètement absent de sa roadmap 2010). Après l’abandon de LG plus tôt dans l’année, on se dit que Symbian n’est plus que soutenu par Nokia et…Sony Ericsson (en Occident).
Février 2010 allait voir à l’occasion de dénouement de cette tragédie en levant le voile sur la stratégie Nokia/Symbian/Maemo.
Acte 4: Le dénouement
Avant la conférence de presse de Nokia, le site Conversations (blog officiel de la marque) publiait une vidéo de l’interface de Symbian^3. Aucun appareil ne sera annoncé mais on voit des écrans finalement assez proches de ce qui existe en ajoutant quelques nouveautés présentes depuis de longs mois chez la concurrence : Multitouch, multiples bureaux d’accueil…
L’annonce de MeeGo, la fusion de Maemo et Moblin, risque d’avoir un impact majeur sur le marché de la mobilité en scellant l’association de 2 leaders: Nokia et Intel. Mais cela ne concerne plus Symbian. Maemo est désormais l’OS star chez Nokia tandis que Symbian est l’OS qui va remplacer à terme Series 40 (vous savez ce qui équipe le mobile Nokia de votre vieille tante). Inutile donc de vous attendre à une révolution ou à ce que Symbian surpasse l’iPhone ou Android en terme d’effets visuels, d’applications ou de spécifications. Ce sera certainement de moins en moins le cas. Vous regardez dans une mauvaise direction. Attention, loin de moi l’idée de dire ou penser que Symbian est mort. C’est très loin d’être le cas et nous reviendrons rapidement dessus, seulement Symbian se repositionne et ne sera plus l’OS haut de gamme que nous avons connu. C’est juste une idée à laquelle il va falloir se faire.
Pour finir d’achever ce mauvais film, nous essayons de trouver le stand Symbian Foundation sur le salon… c’est après de longues minutes de marche que l’on tombe sur un minuscule stand sur lequel nous n’avons rien pu apprendre et qui était vraiment indigne de l’OS sensé être leader sur le marché. Le moindre fabricant d’accessoire asiatique ou d’oreillettes Bluetooth était mieux représenté que le Foundation.









